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AuDHD où en sommes-nous en 2026 ?

Déjà, c'est quoi l'AuDHD ?

(pour ceux qui on raté l'article sur la définition)


AuDHD humour définition

L’AuDHD désigne une personne qui présente à la fois un fonctionnement autistique et un fonctionnement TDAH. Le terme vient de la fusion de « Autism » et « ADHD ». Ce n’est pas encore un diagnostic officiel indépendant dans les classifications médicales, mais le mot est aujourd’hui très utilisé, y compris dans certaines recherches récentes, parce qu’il décrit un profil particulier que beaucoup de personnes reconnaissent immédiatement chez elles.


Pour vulgariser simplement, on pourrait dire qu’un cerveau AuDHD fonctionne souvent avec deux besoins opposés qui coexistent en permanence. Une partie recherche la stabilité, les routines, la prévisibilité, les repères fixes et un environnement contrôlable. L’autre recherche au contraire la nouveauté, la stimulation, l’intensité, le changement et la dopamine. Cela crée souvent une sensation intérieure très paradoxale.


Une personne AuDHD peut par exemple avoir besoin d’une routine stricte pour se sentir bien, tout en étant incapable de suivre cette routine plus de quelques jours. Elle peut détester les imprévus mais s’ennuyer rapidement dès que tout devient répétitif. Elle peut être hypersensible au bruit, aux textures ou à l’agitation, tout en ayant besoin d’un fond sonore constant ou de stimulation pour réussir à se concentrer.


C’est aussi un profil où l’on retrouve fréquemment un grand décalage entre les capacités visibles et le quotidien réel. Certaines personnes peuvent être extrêmement créatives, capables d’apprendre très vite, de développer des passions intenses ou de produire énormément dans des domaines qui les captivent, puis se retrouver totalement paralysées devant des tâches administratives simples, du rangement, des appels téléphoniques ou la gestion de l’énergie quotidienne.


Beaucoup de personnes AuDHD décrivent la sensation d’avoir « le frein et l’accélérateur appuyés en même temps ». Le cerveau réclame du repos mais cherche la stimulation. Il veut du calme mais fuit l’ennui. Il veut contrôler l’environnement mais fonctionne souvent de manière imprévisible.

Chez les adultes, et particulièrement chez les femmes, ce profil a longtemps été mal identifié parce que les traits peuvent se masquer entre eux. Le TDAH peut rendre l’autisme moins visible, tandis que certaines stratégies autistiques peuvent temporairement compenser des difficultés liées au TDAH. Résultat, beaucoup de personnes passent des années avec le sentiment étrange de ne correspondre complètement à aucune description classique.

Aujourd’hui, les recherches commencent à considérer que ce mélange n’est pas seulement « un TSA plus un TDAH », mais parfois un fonctionnement neurodéveloppemental spécifique, avec ses propres particularités, ses contradictions internes et ses formes d’épuisement très caractéristiques.



Pendant longtemps, les classifications psychiatriques considéraient l'autisme et le TDAH comme des troubles séparés. D’ailleurs, avant le DSM-5 en 2013, il était même théoriquement difficile d’avoir un double diagnostic TSA + TDAH. Aujourd’hui, cette vision a énormément changé parce que les données génétiques, neurologiques et développementales montrent des recouvrements très importants.


Les études récentes trouvent notamment :

  • une forte comorbidité entre les deux

  • des gènes de risque partagés

  • des différences communes dans certains réseaux cérébraux

  • des profils cognitifs et sensoriels qui se chevauchent

  • des trajectoires développementales parfois très proches.


Par exemple, certaines études génétiques récentes montrent une corrélation génétique importante entre autisme et TDAH. Une publication de 2025 évoque un chevauchement génétique substantiel entre les deux conditions.


Les recherches en neuroimagerie vont aussi dans ce sens. Des équipes observent que certains profils cérébraux liés à l’autisme apparaissent également chez une partie des personnes TDAH, même sans diagnostic TSA officiel.


Mais là où c’est intéressant, c’est que les chercheurs ne disent pas forcément « c’est la même chose ». Ils commencent plutôt à remettre en question la façon dont on découpe les diagnostics psychiatriques.


De plus en plus de chercheurs parlent d’un spectre neurodéveloppemental global, dans lequel :

  • le TSA

  • le TDAH

  • certains troubles du langage

  • les troubles moteurs

  • parfois même certains profils anxieux ou obsessionnels


partageraient une base neurodéveloppementale commune, avec ensuite des variations individuelles selon :

  • la génétique

  • le développement cérébral

  • l’environnement

  • les compensations sociales

  • le profil sensoriel

  • les fonctions exécutives.


Certaines publications récentes parlent même de « convergence transdiagnostique », c’est-à-dire que les frontières classiques entre diagnostics seraient artificielles ou trop rigides.


Le terme « AuDHD » est aussi devenu beaucoup plus étudié. Au départ très utilisé dans les communautés neurodivergentes, il est maintenant repris dans des articles scientifiques pour désigner les personnes présentant à la fois des traits autistiques et TDAH. Les chercheurs commencent à considérer que ce profil mixte n’est pas juste « TSA + TDAH additionnés », mais parfois un fonctionnement neurodéveloppemental spécifique à part entière.

En revanche, il reste des différences importantes entre TSA et TDAH.


Dans le TSA, on retrouve généralement :

  • des particularités fortes de communication sociale

  • des intérêts restreints

  • un besoin de prévisibilité

  • des différences sensorielles très marquées

  • une cognition souvent plus orientée détail/systémisation.


Dans le TDAH, le noyau central reste davantage :

  • la régulation attentionnelle

  • l’impulsivité

  • la recherche de stimulation

  • les difficultés exécutives

  • la régulation émotionnelle.


Mais chez beaucoup de personnes, surtout adultes, les frontières deviennent floues. Certaines personnes diagnostiquées TDAH présentent énormément de traits autistiques masqués, et inversement.

Les chercheurs commencent donc à penser qu’on a peut-être longtemps séparé artificiellement des profils qui partagent en réalité une architecture neurodéveloppementale proche, avec des expressions différentes selon les individus.


Il y a aussi une autre évolution importante. Les scientifiques commencent à considérer que « l’autisme » lui-même n’est probablement pas une seule entité homogène. Certaines recherches récentes identifient plusieurs sous-types biologiques d’autisme, dont certains ressemblent davantage au TDAH que d’autres.

Donc aujourd’hui, la tendance scientifique n’est pas :« TSA = TDAH »


-> mais plutôt :« TSA et TDAH partagent une base neurodéveloppementale importante, avec des recouvrements biologiques réels, et les catégories diagnostiques actuelles sont probablement trop simplistes pour refléter la réalité du cerveau humain. »

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