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Super pouvoir N°7 - L’attention papillon

Sauter d’une idée à l’autre, avec une intuition fulgurante


Mon cerveau ne marche pas en ligne droite. Il saute, il rebondit, il fait des détours, des raccourcis, parfois même des loopings. Quand je pense à quelque chose, ça en entraîne une autre, puis une autre encore. Une idée devient un concept, puis un souvenir, puis une hypothèse, puis un projet de livre. En général, j’en oublie ce que j’étais censée faire au départ, mais entre-temps j’ai inventé trois trucs et compris deux nouvelles choses sur la vie.


L’attention papillon

On appelle ça l’attention papillon. C’est une manière élégante de décrire le chaos organisé du cerveau TDAH, et souvent aussi celui des profils autistiques avec pensée divergente. L’attention papillonne, mais pas au hasard. Elle explore. Elle ne reste pas posée, elle butine. Et même si ça paraît désordonné, il y a une logique sous-jacente que la plupart des gens ne voient pas.


Le saut permanent des connexions


Quand je passe d’une idée à une autre, ce n’est pas de la dispersion. C’est une activité cérébrale intense. Les études en neuroimagerie montrent que le cerveau TDAH ou autistique fonctionne avec un réseau en mode par défaut plus actif. Ce réseau, censé se calmer quand on se concentre sur une tâche, reste partiellement allumé. Résultat, les associations d’idées continuent en arrière-plan. Pendant qu’un sujet occupe l’avant de la scène, d’autres se forment dans les coulisses.

C’est ce qui donne cette impression d’esprit “trop plein”, de cerveau en arborescence. Une pensée en appelle mille, les liens se créent partout. Ce n’est pas du multitâche, c’est de la connexion continue.


Cette manière de fonctionner est souvent vue comme de la distraction. En réalité, c’est un style cognitif bien documenté. Une étude menée par Roshan Cools et Mark D’Esposito à l’Université de Berkeley a montré que les personnes présentant une régulation dopaminergique plus variable ont une flexibilité cognitive accrue. Cela signifie que leur cerveau bascule plus facilement d’une idée à l’autre et qu’il explore un éventail plus large de possibilités avant de se fixer sur une solution.Les chercheurs ont observé que cette variabilité dopaminergique, typique des cerveaux TDAH, favorise la pensée divergente, c’est-à-dire la capacité à trouver des solutions originales à un même problème.


En clair, ce n’est pas de la dispersion, c’est un mode de recherche mentale rapide et exploratoire. Le cerveau saute d’un point à un autre parce qu’il cherche des liens nouveaux. Et quand il en trouve un, l’intuition surgit.


Le désordre créatif


Quand je travaille sur quelque chose, je commence rarement par le début. Je passe d’un détail à une idée centrale, puis je reviens en arrière. J’ouvre trois documents, je note un mot-clé, j’enregistre une idée vocale, je fais une recherche et je finis sur une vidéo qui n’a rien à voir mais qui me donne une autre idée brillante. Le fil conducteur est invisible pour les autres, mais pour moi, tout se tient.


Cette manière de fonctionner est souvent vue comme de la distraction. En réalité, c’est un style cognitif qui favorise la créativité. Les chercheurs Cools et D’Esposito ont montré que cette flexibilité cognitive est liée à une activité plus fluctuante de la dopamine dans le cortex préfrontal. Le cerveau ne s’accroche pas longtemps à un seul point, mais il explore plus de possibilités. Ce qui permet de générer des idées originales et des solutions imprévues.


Le piège du trop


Le revers de cette attention papillonnante, c’est la surcharge. Trop d’idées, trop de directions, trop de projets commencés en même temps. Je peux écrire trois chapitres sans finir le premier, inventer une marque avant d’avoir choisi un logo, lancer un concept avant d’avoir dormi. C’est grisant, mais épuisant.

La fatigue mentale vient du fait que le cerveau ne coupe jamais le moteur. Même au repos, il continue d’associer, de planifier, de créer. Les chercheurs parlent d’un cerveau en hyperconnectivité spontanée. Il relie tout, tout le temps. Et quand le corps demande une pause, le mental en trouve une autre à explorer.


L’intuition éclair


Le bon côté de tout ça, c’est l’intuition. Ce genre de pensée rapide et transversale permet de repérer les liens invisibles entre des éléments qui paraissent sans rapport. Je peux faire un parallèle entre un comportement humain et un phénomène physique, entre une phrase entendue dans un café et une théorie de psychologie. Ce n’est pas de la magie, c’est de la vitesse d’association.


Les chercheurs en cognition créative décrivent cela comme un saut analogique spontané. Le cerveau ne réfléchit pas en étapes, il saute directement à la conclusion, souvent juste, mais sans pouvoir toujours expliquer comment il y est arrivé. C’est l’intuition pure, basée sur des milliers de micro-observations que la conscience n’a pas eu le temps de trier.


Un équilibre à trouver


J’ai longtemps cru que je manquais de concentration. En réalité, mon attention ne manque pas, elle déborde. Elle s’élargit, elle capte, elle assemble. Elle est aussi fragile qu’un fil et aussi puissante qu’un moteur. Elle m’épuise parfois, mais elle me sauve souvent.


Ce mode de pensée m’a permis de créer des ponts entre des domaines très différents, d’avoir des idées que je n’aurais jamais eues en suivant un raisonnement classique. Le cerveau papillon n’avance pas tout droit, mais il finit toujours par retomber sur une fleur utile.


Alors oui, je saute d’un sujet à l’autre, je me disperse, je m’émerveille, je recommence. Mais dans ce désordre apparent, il y a une logique. Elle n’est pas linéaire et elle fait partie intégrante de ma façon d’être.

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